Interrogez un banlieusard d’un certain age (disons la trentaine) sur ses jeunes années au collège et au lycée. S?rement, il se souviendra de ces après-midi interminables durant les week-ends et les vacances sur ce petit terrain de foot en bitume où il jouait pendant des heures avec ses amis alors que les plus grands faisaient leurs ? petites affaires ? derrière les cages de foot. Ces jeunes gar?ons connaissent déjà l’odeur envo?tante de Marie-Jeanne et, souvent aussi, le go?t des breuvages spiritueux de toutes sortes.
Si l’on veut mieux comprendre la situation qui prévaut dans les quartiers populaires, il faut savoir ceci : les gens se mélangent, et même si l’on n’a pas envie de fréquenter tel personnage, tel groupe, on est amené à le faire, c’est comme ?a. Tu verras un petit jeune sortant de la mosquée taper la discute avec le petit truand du coin pendant qu’il mange son chicken ; un étudiant bac+4 dans la même voiture que des Ksos for life…
Bien que je ne les ai pas cités jusqu’ici, certainement est apparu dans votre esprit la silhouette de ceux qui font souvent les gros titres de la presse. Ceux-là-mêmes qui ruineraient, à c’qui parait, toute une politique de la ville entreprise depuis plus de 20 printemps. Ceux que les politiques adorent pointer du doigt et qui, très bizarrement, semblent échapper aux mains de la police comme une savonnette. Pourtant, en interrogeant (presque) n’importe qui en banlieue, (presque) tout le monde vous dira qui sont les bikraveurs (dealers) du quartier. En allant plus loin, on vous énumèrera les quartiers où se trouvent les principales plaques tournantes du bizness.
La question vous para?tra peut-être na?ve, mais elle est tout à fait fondée : comment se fait-il que les services de police les mieux équipés pour traquer les trafiquants échouent dans l’éradication du trafic de drogue en banlieue ? On sait où se postent les revendeurs, les ? gros bonnets ? sont connus de tous, des commissariats et de la population. Alors pourquoi la situation continue-t-elle de pourrir dans des quartiers comme le Clos-Saint-Lazare (Stains) ou les Beaudottes (Sevran) ?
? Il y a des corrompus dans les services de police. Lorsque Sarkozy est venu aux 4000 après la mort du p’tit (Sid Ahmed, en juin 2005)
, une policière m’a dit qu’on leur (les forces de l’ordre)
demandait de laisser les mecs faire leur truc pour avoir la paix ?, raconte A., un habitant de La Courneuve. Même si ce genre de déclaration ne décrit qu’une partie probable de la réalité, elle est symptomatique des trafics en cours dans bon nombre de quartiers, où la police, censée préserver le calme et l’ordre, se retrouve aux yeux des habitants complice du mal.
A propos, qui sont les dealers ? Un homme ? Une femme ? Des désespérés ? A quoi ressemble leur vie ? Comment en arrivent-ils à pratiquer cette activité illicite ? Nous avons rencontré Moussa, 27 ans, ancien dealer, à la ? retraite ? depuis 2 ans. Il a vendu toutes sortes de produits stupéfiants, principalement du cannabis mais aussi de l’extasie lors
? des rave party ?. Il n’est pas ce qu’on peut appeler un ? grossiste ? à la tête d’un empire de la drogue, comme Scarface.
A 16 ans, Moussa claque la porte de son CAP traiteur que lui avait suggéré sa conseillère d’orientation :
? Rester dans une classe comme ?a, c’est vrai que j’ai pas toujours aimé ?a. J’avais un problème de concentration. ? Du c?té familiale, la situation est très compliquée ; le jeune homme cherche alors un petit boulot en même temps qu’il se trouve placé en foyer pour jeunes. A 18 ans, il doit quitter le foyer et se retrouve à la rue avec quelques billets en poche. La suite ci-dessous.
Aladine Zaiane
? La drogue fait manger une bonne partie de la cité ?
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Vidéo : Aladine Zaiane
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